Surprises littéraires

  • Forêt

    Robert Desnos

    (Extrait du recueil « Corps et Biens », 1930)

    « Forêt, grande forêt,
    Tu berces mon âme inquiète.
    Sous ton ombre épaisse,
    Je deviens silence,
    Je deviens mousse,
    Je deviens fougère,
    Je deviens souffle du vent
    Qui danse entre tes branches. »

  • Le Saule pleureur

    Paul Verlaine

    (Extrait du recueil « Sagesse », 1880)

    « Ils ont coupé mon vieil ami,
    Le grand saule où riait la brise,
    Il pleurait seul au bord du puits,
    Sous la lune tendre et soumise.
    À présent l’eau est sans reflet,
    Sans ombre danseuse et fidèle,
    Seule la hache a murmuré
    Un dernier sanglot d’étincelles. »

  • Forêt

    Jules Supervielle

    (Extrait de « Oublieuse Mémoire », 1949)

    « Forêt, comme un grand être aux cent mille visages,
    Qui vit de la lumière et mange des nuages,
    Qui sait être ruisseau, cascade et vent dans l’ombre,
    Et qui cache en son sein tant de souffles sans nombre. »

  • Le Chêne abattu

    Alphonse de Lamartine

    (Extrait du recueil « Méditations poétiques », 1829)

    « Abattu par la main des hommes,
    Ô chêne, où sont-ils tes rameaux ?
    Ton ombre au pied de nos vieux chaumes
    Ne reverdit plus nos hameaux.
    Le vent gémit sur ta racine,
    Comme un regret, comme un adieu,
    Et la forêt qui te devine
    Pleurera ton tronc glorieux. »